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Aubry: "Etre maire, c'est initier de grands projets"

Daté du 07/11/2013 - Actualité

Entretien à bâtons rompus avec Martine Aubry, ancienne première secrétaire du parti socialiste français et actuelle maire de Lille.

Martine Aubry était l’invitée vedette de l’Oriental la semaine dernière. La maire de Lille s’est rendue à Oujda accompagnée d’une forte délégation et cela dans le cadre de la coopération décentralisée entre les deux villes. Partenariats, accords, vision.



- Pensez-vous que la coopération décentralisée entre Lille et Oujda a réussi son pari, celui de booster le partenariat entre les deux régions?
- Martine Aubry: Je suis convaincue que les projets structurants et la rationalisation des richesses locales, qu’elles soient humaines ou naturelles, peuvent encore faire mieux. Je constate en effet, depuis ma dernière visite en 2005, que Oujda et sa région se sont métamorphosées. Reste à canaliser ces efforts et à rentabiliser les investissements par l’amélioration du climat des affaires et l’adoption de partenariats gagnant-gagnant. Et aussi, multiplier les efforts pour améliorer les services rendus au niveau de la santé et de l’éducation. C’est un axe prioritaire de notre partenariat avec l’Oriental. La vision imprimée par le Souverain du Maroc à cette région lui a permis d’être encore plus visible à l’international. Je constate énormément de changements en matière d’urbanisme, d’infrastructures routières et de connectivité régionale. Oujda était une grande commune et elle est devenue une métropole ouverte sur l’avenir.
Lille cherche à contribuer à cet élan, notamment sur le plan économique. C’est ce que j’ai essayé de revoir avec le wali de la région, le président de la commune de Oujda, le président du Conseil régional et le directeur de l’Agence de l’Oriental. Les investisseurs et les associations actives au niveau de nos deux régions doivent également s’impliquer davantage
.

- Une difficulté qui ne devrait pas se poser étant donné les relations entre le Maroc et la France…
- Elles sont parfaites et François Hollande, le président de la République, l’a rappelé lors de sa dernière visite au Maroc.
Une relation considérable reliée à la géographie et à l’histoire avec de belles pages. Il y a des Marocains qui sont venus lutter contre le nazisme en France et qui sont tombés pour notre pays. D’autres ouvriers ont contribué à l’émergence du Nord français et Lille. Leurs enfants sont dans tous les secteurs d’activités de notre région et y apportent leurs talents et compétences. J’ai aussi une grande admiration pour les femmes marocaines de ma ville qui se battent formidablement pour l’éducation de leurs enfants et la défense de leurs droits. De plus, le Maroc et la France doivent servir de repère pour la consolidation des rapports entre l’Europe et l’Afrique.


- Quand on parle de Martine Aubry, on fait automatiquement allusion à la rigueur et l’exigence. Etes-vous réellement comme on vous décrit?
- C’est vrai, on me reproche souvent d’être exigeante mais lorsque l’on fait de la politique, qu’on assume de lourdes responsabilités et que le public nous fait confiance, il faut réaliser ses promesses électorales. Toutefois, en politique, il faut faire de son possible pour mieux servir les autres. Le métier de maire est formidable, car il nous permet de mettre des visages sur les projets qu’on programme.
Etre maire, c’est initier de grands dossiers d’investissement, d’équipements culturels, sportifs, et des projets économiques. C’est surtout régler les problèmes au quotidien: trouver un stage pour un jeune, un logement pour une famille dans le besoin, être au chevet d’un malade, contribuer à la réussite d’une fête scolaire ou associative. La politique ce n’est pas seulement gérer des dossiers, c’est surtout savoir où on veut aller, à quel type de société on aspire et tout faire pour y parvenir. Ceci dit, je ne suis pas aussi rigide que certains le pensent.
J’aime la vie, les amis, faire la fête, partager des moments de détente et de contentement. Je suis aussi une passionnée de la cuisine marocaine.


- Est-ce cette somme d’expériences humaines et surtout la fierté que l’on peut en tirer qui vous a poussée vers cette voie?
- Oui. C’est ce qui explique pourquoi j’ai choisi le métier de maire et délaissé toute responsabilité parlementaire ou gouvernementale. D’ailleurs, de nature, je suis contre le cumul des mandats car qui court derrière plusieurs lièvres risque de s’égarer. Il faut faire les choses sérieusement car les gens sont de plus en plus perdus et ne font plus confiance à la politique. Or, c’est aux politiciens de donner confiance aux gens et l’envie de s’impliquer dans les avancées collectives. C’est un espoir que doivent porter tous les responsables politiques qu’ils soient ministres, parlementaires ou élus locaux.

- L’action politique est un travail collectif. en théorie
- Si nous n’avons pas les pensées chevillées au corps, si nous n’avons pas de volonté et de vision, on n’avance pas. Nos sociétés vont droit dans le mur. La finance a remplacé l’économie, les injustices se multiplient et se croisent, les nationalismes et les extrémismes avancent. Une grande partie des politiciens et de la presse excellent dans le populisme et la démagogie. Or, c’est de nos jours qu’on a le plus besoin de défendre les valeurs de solidarité et de fraternité. C’est ce qu’on doit faire à tous les postes de responsabilité politique, élu local, ministre ou chef du gouvernement. L’Europe aujourd’hui a complètement perdu le sens que ses fondateurs ont porté. C’est devenu une Europe des intérêts. Nos sociétés se désagrègent, chacun veut se débrouiller seul, et le collectif ne sert à rien.

*************

Les mutations dans le monde arabe

«La révolution arabe est l’expression d’une volonté de liberté et de démocratie», estime Martine Aubry. Malheureusement, ajoute-t-elle, «elle a été récupérée par des extrémismes qui ont fait croire qu’ils allaient changer la donne, mais qui n’ont pas pu résoudre les problèmes auxquels sont confrontées leurs populations. Cela a fragilisé leurs sociétés». De même, poursuit Aubry, l’organisation de la société n’a pas permis aux couches les plus concernées de se retrouver dans leurs programmes d’action. C’est une inquiétude légitime. «Le Maroc est un pays qui a su intégrer des influences diverses. C’est ce qui fait sa spécificité et sa richesse. C’est ce que j’essaie de faire à Lille où nous avons su intégrer le plus grand nombre de personnes à des programmes qui cimentent les relations entre les différentes couches sociétales», explique la maire de Lille. «Nous n’avons pas éjecté la population des quartiers périphériques, nous l’avons au contraire intégrée dans des actions communes qui intéressent toute la ville».

Source : L'Economiste - Propos recueillis par Ali KHARROUBI

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