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"La fermeture des frontières Maroc-Algérie ne g?ne pas le développement économique de l'Oriental"

Daté du 20/06/2013 - Actualité

Entretien avec Mohamed M'Barki, DG de l'Agence de l'Oriental

«La fermeture des frontières Maroc-Algérie ne gêne pas le développement économique de l'Oriental»


Le Souverain est attendu dans la région de l'Oriental où il va lancer un programme d'activité. Dans quel cadre s'inscrit cette visite Royale ?

Depuis son accession au Trône, Sa Majesté effectue pratiquement deux visites annuelles, en moyenne, dans la région, puisque nous en sommes à la 24ème visite royale. Chaque visite est une occasion de relancer la dynamique du développement territorial de la région. Il y a toujours différents aspects que l'on retrouve dans ces visites. D'abord, il y a un suivi des projets lancés. Cela nous permet de voir si les délais ont été respectés et si l'ampleur des projets tels qu'ils avaient été annoncés est réellement réalisée sur le terrain. Il y a également l'aspect d'actualisation de la vision générale du développement. La région de l'Oriental dispose d'une «Initiative Royale de Développement», laquelle a permis de donner à l'Oriental un positionnement stratégique. Et donc chacune des visites royales, avec les projets qui sont lancés, est une occasion d'actualiser cette vision stratégique. Cela permet aussi de préparer de nouveaux projets qui sont de nature à corriger et à dynamiser cette vision stratégique. Ce qui veut dire que chaque visite amène donc son lot de projets dans tout les secteurs que ce soit le lancement de très grands projets à vocation transrégionale, nationale, euro-méditerranéenne, ou des projets de proximité qui concernent notamment les jeunes, la société civile, la femme, les handicapés, etc.

Pouvez-vous nous parler des principales avancées des chantiers qui sont lancés dans la région?

Les avancées sont claires. Sur le plan général, l'Oriental était une région qui était en situation de décrochage économique avant le lancement de l'Initiative Royale. En termes de développement des régions, nous étions classés dans la deuxième moitié au niveau national. Nous sommes aujourd'hui dans le premier tiers. Il y a donc un progrès absolument immense qui a été fait pour développer cette région. Bien évidemment, ceci est dû à une vision et à une feuille de route en même temps. Il ne s'agit pas uniquement de tracer une vision de développement, il s'agit surtout d'apporter des moyens et de faire en sorte que ces moyens-là viennent créer des synergies entre les différents secteurs. C'est ce qui a été fait. Nous avons un développement qui est basé sur les potentialités de la région et ceci a été porté par l'effort d'investissement public et privé qui a été lancé grâce à l'Initiative Royale. Nous avons eu le développement de très grands projets à vocation transrégionale qui ont concerné le tourisme, l'industrie, ainsi que les grandes infrastructures, la dernière étant celle du port de Nador West Med. Aujourd'hui, nous sommes dans un schéma qui est celui du développement d'une région ayant envie de s'imposer au plan national et évidement de conquérir des marchés au plan international. Nous sommes passés d'une situation de décrochage économique à une situation –réellement- de développement régional au profit du pays et, bien évidemment, de la région elle-même.

La région s'est fixé l'objectif de devenir un pôle de développement important dans le pays. Quelle est la contribution de l'agence de l'Oriental pour atteindre cet objectif ?

Cette année nous fêtons le dixième anniversaire de l'Initiative Royale. L'agence de l'Oriental est née dans le sillage de cette Initiative Royale de Développement qui a été annoncée par Sa Majesté -que Dieu l'assiste- en 2003. De ce fait, l'agence couvre tous les aspects de développement et elle le fait grâce à un réel budget d'amorçage. Tous les projets sont lancés en partenariat avec d'autres acteurs, qu'ils soient faits à l'initiative de l'agence ou à l'initiative des autres acteurs du développement. Par conséquent, l'agence crée toujours un lien entre les acteurs réunis. C'est un lien matériel et humain. Sur le plan concret, nous participons à tous les projets de développement qui concernent notamment les projets d'infrastructures. Evidemment, quand je parle d'infrastructures, ce ne sont pas de grosses infrastructures à vocation nationale, comme l'autoroute, l'aéroport ou encore le port. Ce type d'infrastructures relève d'un financement étatique. Nous contribuons par contre dans la réalisation d'infrastructures telles le doublement du pont sur l'Oued Charaa, lequel va permettre de débloquer et de fluidifier la circulation entre Oujda et Saidia en traversant Berkane. L'agence contribue aussi à la réalisation de l'ensemble des routes rurales, à l'assainissement liquide et solide, à la requalification urbaine de façon générale, l'alimentation en eau et en électricité, l'irrigation, la reconversion, la modernisation des systèmes, le développement de proximité, le développement des filières, le développement touristique ainsi que le développement culturel. En résumé, l'agence de l'Oriental est aujourd'hui un instrument incontournable du développement. Depuis sa création, l'agence a mobilisé un budget de 2 milliards de dirhams qui ont été investis sur l'ensemble des projets.

Au niveau de l'Oriental, aujourd'hui, on a l'impression qu'avec tous ces investissements, tout va bien. Mais est ce qu'il n'y a pas de domaines où les investissements sont encore très attendus ?

Franchement, nous n'avons pas de contre-performances réelles Nous avons, certes, des fragilités et nous avons peut être quelques échecs. A mon avis, les fragilités, c'est surtout la lenteur avec la quelle nous remplissons par exemple les zones industrielles. Lesquelles ont été lancées dans le cadre du plan du développement industriel, à savoir les trois zones industrielles qui sont des zones phares pour développer un secteur productif, moderne et d'avenir qui garantisse réellement la pérennité du développement. La Technopole d'Oujda, l'Agropole de Berkane et le parc industriel de Selouane, ces zones industrielles ont été lancées, mais elles ont tardé au niveau de la réalisation des travaux et tardent encore plus au niveau du remplissage. La question qui se pose est celle de la manière d'améliorer l'attractivité et la compétitivité de nos zones. Car, effectivement, il y a un problème de compétitivité et d'attractivité et je crois qu'il faut améliorer les performances à ce niveau là. Le deuxième point qu'il faut revoir carrément -et qui est aussi un demi échec- c'est le fonctionnement du fond de développement régional. Car ce fonds a tout de même été construit sur la base d'un modèle qui a trouvé des difficultés à s'adapter aux réalités du terrain. Nous sommes en train de revoir le modèle économique de ce fonds de façon à lui permettre de mieux répondre aux demandes de financement des PME/PMI en l'orientant vers le financement des petites entreprises et pourquoi pas vers le financement des micro entreprises créées par des jeunes, en particulier dans le cadre du développement des zones industrielles. C'est là un grand challenge et je pense qu'on va s'y attaquer en abordant la deuxième décennie de l'Initiative Royale.

Dans la région on parle beaucoup de contrebande. Mais, depuis un certain temps, de grands opérateurs de distribution sont en train de s'implanter dans la région. Quelle est votre lecture de la situation ?

Nous sommes dans une économie frontalière, laquelle, avant le déclenchement de l'Initiative Royale, était complètement livrée à la contrebande. Ce phénomène a déséquilibré, voire détruit, le système économique régional. Si bien que beaucoup d'entreprises ont fermé et disparu. Malgré tous les efforts qui ont été réalisés auparavant pour freiner le développement de la contrebande par des moyens de contrôle et de répression, il n'y a pas eu les résultats attendus. Et je pense que l'idée de concurrencer et de diminuer l'impact de la contrebande, en introduisant de grandes surfaces qui ont permis de réfléchir réellement à la compétitivité au niveau des prix, cela a permis de réduire la contrebande sur un grand nombre de produits qui étaient des produits nocifs pour la santé. Tout ce qui concerne les produits laitiers, la biscuiterie ou encore l'habillement, tout cela est maintenant produit au niveau de la grande distribution ou de la macro-distribution, dans la plupart des villes. Puisque, aujourd'hui, la grande distribution est présente dans toutes les principales villes de la région. Nous avons également de la grande distribution au niveau de l'ameublement qui a permis de développer les réseaux d'artisanat. Tout cela, c'est un potentiel aujourd'hui injecté dans les réseaux commerciaux. Ce qui a permis de réduire la contrebande de façon importante. A noter que beaucoup d'établissements qui étaient partis sont revenus. Ceci dit, la contrebande existe toujours. Elle existe même parfois de façon inquiétante sur un certain nombre de produits. Faut-il souligner que des médicaments qui sont subventionnés fortement chez nos voisins arrivent chez nous et sont commercialisés dans des conditions parfois dangereuses pour la santé des citoyens. C'est donc un problème préoccupant. Il existe également des problèmes de contrebande active au niveau des hydrocarbures. A noter toutefois que les stations services sont revenues et elles fonctionnent correctement. On peut donc trouver de l'essence dans ces stations services sur l'ensemble de la région. Nous ne sommes pas dans la quinzaine d'année précédente dans laquelle la région était sinistrée et où, dès lors qu'on sortait de la capitale régionale, on n'arrivait pas à trouver une station service officielle qui permette de s'alimenter normalement. Lutter contre la contrebande c'est adopter une nouvelle stratégie de développement commercial de développement économique, de réflexion sur les réseaux de distribution et sur les réseaux commerciaux. C'est avoir envie d'intégrer le secteur organisé de l'économie, car c'est plus sûr et c'est plus sain.

Quand on parle d'ouverture des frontières entre le Maroc et l'Algérie, est ce qu'on peut dire que l'Oriental, avec tous les chantiers lancés, n'a pas besoin de cette ouverture des frontières ?

Non, on ne peut pas dire que l'Oriental n'a pas besoin de cette ouverture. Tous les pays ont besoin de circulation et d'ouverture des frontières. D'ailleurs, Sa Majesté le Roi a demandé officiellement que ceci soit dépassé et que les frontières terrestres fonctionnent normalement. Pour nous, la fermeture des frontières est d'abord un problème humain, car nous avons des familles qui ont toujours vécu de part et d'autre. A l'occasion de fêtes ou d'événements tristes, ces familles ont besoin de se réunir. Or, pour faire 20 km, ces familles sont obligées, légalement, de faire 4 mille km. Elles sont obligées d'aller prendre l'avion à Casablanca, avant d'aller à Alger, pour se retrouver de l'autre côté à 20 km. Donc l'ouverture des frontières est quelque chose qui, humainement, est incontournable et indispensable. Maintenant, vous dire que la fermeture des frontières gêne vraiment le développement économique de l'Oriental, non. Grâce justement à l'Initiative Royale, nous sommes sortis de cette spirale périlleuse de lier le développement de la région à l'ouverture de la frontière. Vraiment, nous sommes sortis de là. Nous avons une vision, un projet, des ambitions et nous avons une volonté de conquérir de nouveaux marchés. Tout cela constitue un ensemble d'éléments qui nous permettent aujourd'hui d'envisager le développement avec beaucoup de sérénité, beaucoup d'ambition et d'espoir pour l'avenir. Ceci dit, la frontière dans tous les pays du monde, c'est une évolution humaine. C'est vraiment un anachronisme que de maintenir ces frontières fermées. Une fermeture qui n'est pas du fait de la partie marocaine.

Interview réalisée par Naîma Cherii

Source: LE REPORTER

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